Les travailleurs de la mer, Victor Hugo

les travailleurs de la mer

 

Ce que j’aime quand je lis Victor Hugo c’est que je ne peux m’empêcher d’avoir un crayon de bois (ou « à papier » en fonction de où vous vivez) à proximité afin d’en souligner les merveilles :

Gilliatt n’avait jamais parlé à Déruchette. Il  la connaissait pour l’avoir vue de loin, comme on connait l’étoile du matin. 

Appréciez la métaphore …

Les personnifications donnent du relief au texte et le rendent transparent, vivant et vivace. Le lecteur s’imagine la masure ou la mer le regarder et prendre vie à travers le livre.  Le présent de narration parsème les pages et nous fait souvent lever les yeux de l’ouvrage comme pour mieux réfléchir, le regard dans le vide. Ce sont comme des proverbes que l’on imagine inscrits sur les murs ou que l’on aimerait noter dans un coin de son agenda comme pour prolonger la réflexion :

Vouloir faire son enfant heureux trop tôt, c’est peut être une imprudence.  

On ruine la fortune des gens de cœur, non leur courage.

L’eau et le feu sont un divorce.

Quand Dieu veut, il excelle dans l’exécrable. (J’adore celle-là)

Hugo triomphe dans ce domaine et je ne m’en lasse pas.

Voici un livre qui sent la marée, l’iode, l’aventure, le vent, le bord de mer en général avec tout ce qui le caractérise. L’intrigue principale alterne en chapitres courts avec des récits enchâssés, des descriptions de Guernesey, de Jersey, de rochers, de vagues, de grottes, des précisions historiques, des anecdotes ce qui rend le livre très dense. L’histoire ne commence vraiment qu’à la … 300è page et l’ouvrage en compte près de 600 …

La Durande a échoué. Celui qui ramènera son moteur – fort précieuse pièce qui permettra de réparer et de remettre un jour le navire à flots – pourra épouser Déruchette. Gilliat tente donc l’aventure. Y arrivera-t-il ? Je vous laisse le découvrir.

Victor Hugo analyse une fois de plus l’humain dans le dénuement le plus total. Poussé dans ses retranchements dépourvus de quoi vivre, Gilliatt devient sous la plume de Hugo cet être misérable mais jamais anéanti, toujours héroïque : « un grand coeur sauvage ». De la laideur naît la beauté, nous retrouvons l’association du grotesque et du sublime chers à Hugo.

Les travailleurs de la mer est un roman d’aventures que j’ai vraiment apprécié. La description du combat avec la pieuvre donne des frissons …

pieuvre hugo

Il s’agit d’un texte résistant mais très riche. Je vous incite vivement à vous plonger dans ses méandres.

 

Dans l’ordre des faits moraux, tomber n’exclut point planer. De la chute sort l’ascension.

 

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