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A deux lignes

 

Littérature contemporaine et jeunesse

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Kaamelott, L'armée du Nécromant

Je vais être franche, je ne suis pas trop Bandes Dessinées. Je n’en lis pratiquement jamais, cependant un élève a voulu me prêter le premier album de Kaamelott, appréciant beaucoup la série, je me suis dis pourquoi pas et j’ai poliment accepté.

J’ai lu cet ouvrage à une vitesse fulgurante ! En fait, je crois que je ne sais pas lire de bandes dessinées … J’ai l’impression que les actions ne me parviennent pas clairement, que le dénouement est trop rapide, j’ai l’impression de ne pas avoir le temps de me poser, de m’impliquer, de me sentir plongée dans l’histoire.

Surtout celle-ci. La quête vraiment intéressante que nous propose Alexandre Astier est résolue en un temps record et avec une facilité déconcertante, c’est presque dommage … Par ailleurs, j’ai bien conscience du travail accompli par l’enlumineur qui nous propose des planches de qualité, aux détails soignés. Ceci dit j’aurais vraiment apprécié pouvoir prolonger le plaisir.

J’ai cependant aimé retrouver l’humour de la série, Perceval est génial, Léodagan aussi même si j’ai trouvé ses traits un peu gros parfois.

J’ai passé un moment de détente agréable en compagnie de cet album, trop bref mais très drôle … Si vous avez l’occasion de le feuilleter, il devrait vous apporter quelques occasions de sourire.

La ferme des animaux, George Orwell

Voilà un livre on ne peut plus intemporel. Dans 10 ou 15 ans, je prends le pari qu’il n’aura pas pris une ride.
J’ai eu l’impression de lire une grande fable mettant en scène des animaux terriblement et horriblement humains. Et Orwell de nous lancer à la figure ce que nous sommes ni plus ni moins, ça fait mal mais c’est bon, quelle audace !

J’ai beaucoup aimé cet ouvrage que j’ai lu d’une traite, équipée de mon habituel crayon à papier pour en souligner les merveilles.

J’ai eu l’impression de redécouvrir sa majesté des mouches de golding par certains aspects. Orwell nous démontre par A + B et sur un ton qui n’admet aucune réplique à quel point aucun vrai système démocratique n’est possible, l’humain est par nature avide de pouvoir et gonflé d’orgueil, c’est ainsi.
Par conséquent, nous sommes destinés à jamais à nous soumettre au pouvoir des plus forts et des plus malhonnêtes lesquels nous flattent suffisamment pour obtenir notre silence. Travaillons, gagnons notre pain quotidien, après tout … tout va bien, mon dieu que ce livre est fort …!

La ferme des animaux a ce mérite de nous faire réfléchir à défaut de proposer de réelles solutions … Réfléchir, être libre de pouvoir le faire, c’est déjà ça et c’est jouissif.

L'avare, Molière


 

En 2017, on joue encore Molière et on rit !

J’ai eu l’occasion de voir L’avare (par la compagnie Alain Bertrand) sur scène avec des comédiens dynamiques, hauts en couleur et talentueux. J’ai pris beaucoup de plaisir à voir jouer cette pièce que j’avais eu l’occasion de lire il y a quelques années.

J’ai beaucoup beaucoup aimé Frosine, généreuse et inépuisable d’énergie. J’ai adoré détester Harpagon et son avarice infernale.

On retrouve ici bien entendu les caractéristiques des pièces de Molière, un mariage arrangé dans l’intérêt du paternel, la satire d’un défaut ou d’une caste, des quiproquos … le tout servi par une mise en scène actuelle et moderne.

Le dénouement de cette pièce reste finalement franchement tiré par les cheveux, mais n’est-on pas, après tout, dans une comédie !?

Honnêtement, le théâtre est tellement vivant et tellement riche sur scène, c’est là qu’il faut aller le voir et le vivre. Une belle sortie, un immense plaisir !

Sans nouvelles de Gurb, Eduardo Mendoza

J’ai ri ! J’ai ri à la lecture loufoque et déjantée de ce livre atypique.

C’est l’histoire d’un extraterrestre qui part à la recherche de son coéquipier Gurb qu’il a perdu de vue en arrivant sur notre planète. Ça a l’air simple mais ça devient complètement dingue quand le protagoniste nous donne à voir le journal de ses tribulations.

C’est l’occasion pour Mendoza de décrire notre société et d’en faire la critique à travers les yeux de son personnage principal original et extravagant.

Le style est rapide et facile à lire, la structure du texte est efficace. Le protagoniste détaille son journal heure par heure – parfois minute par minute – ce qui ordonne considérablement le texte et l’intrigue qui s’y déroule. Aussi, le brièveté de l’ouvrage en concentre le contenu et participe à l’efficience de l’ensemble. (Dans le même genre la conjuration des imbéciles de Toole m’était tombé des mains tellement j’avais trouvé l’humour définitivement trop lourd car trop long …)

L’auteur use d’une dérision extrêmement efficace. Les maladresses du coéquipier de Gurb auprès des terriens donnent à voir des situations ridicules et vraiment divertissantes. Le tout est foncièrement burlesque.

“Les êtres humains ont un système conceptuel tellement primitif qu’ils doivent lire les journaux pour être au courant de ce qui se passe. Ils ne savent pas qu’un simple œuf de poule contient davantage d’informations que toute la presse qui est publiée dans le pays.”

Amateur d’humour absurde, bienvenue !

L’occasion pour lui, au passage, de tancer les uns ou les autres … :

“La pluie de Barcelone ressemble à l’activité de son conseil municipal : elle est rare mais quand elle tombe, elle est d’une brutalité stupéfiante.”

J’ai passé un bon moment en compagnie de ce petit ouvrage qui se lit rapidement et qui mêle habilement humour et réflexion sur la société. Il est, je pense, idéal en cas d’humeur taciturne, esseulé lors d’un week-end morose … ou pas !

La peau, l'écorce, Alexandre Civico

Étrange, fantastique, bizarre parfois choquant …

La peau, l’écorce est un livre court mais remarquablement dense qui se lit rapidement dans lequel il n’y a pas vraiment d’histoire mais plutôt une succession de situations qui incitent l’auteur à interroger le monde, notre monde.

Le style est percutant dès les premières lignes, Alexandre Civico mène son intrigue d’un trait de plume vif, acerbe, cinglant. Les phrases sont courtes, certaines n’ont pas de verbe. L’écriture est technique, poétique et sert admirablement un texte pour le moins énigmatique à l’image du titre : bref et dépourvu de conjonction de coordination.

“C’est si rocailleux qu’on pourrait l’écouter avec les doigts.”

“Des ciels de papier déchiré. Le soleil troue les nuages à coups de canon. La nature est sublime et modeste. Elle n’écrit pas son nom au bas de ses créations.”

L’auteur choque parfois en donnant à voir des circonstances qui provoquent le malaise. Les chapitres se succèdent et nous montrent un monde qui ressemble étrangement au nôtre par certains aspects que nous souhaitons cependant tellement réfuter.

Les lieux habituels et familiers deviennent hostiles, tous les humains sont des étrangers, la mort est présente à chaque coin de rue si bien qu’elle paraît ordinaire … La solitude est manifeste.

Civico nous offre un roman (poétique ? philosophique ? dystopique ?) efficace et saisissant que je suis ravie d’avoir pu découvrir par l’intermédiaire de la masse critique Babelio (une bien jolie découverte à côté de laquelle je serais sans doute passée) ; je remercie à cette occasion les éditions Rivages pour m’avoir permis d’embrasser ce texte surprenant et original.

Le lecteur de cadavres, Antonio Garrido

Me voilà venue à bout des 700 pages que nous propose Antonio Garrido. L’intrigue exposée par l’auteur est on ne peut plus prenante et passionnante parce que élégamment documentée sans en devenir lourde ou pompeuse.

On suit Cí, jeune homme plongé au cœur d’une histoire aux multiples rebondissements. Cí devient le lecteur de cadavres, l’un des premiers médecins légistes de l’Histoire. La vie de ce protagoniste nous inspire à la fois de la pitié, de la tristesse, de l’admiration aussi …

Le style employé par l’auteur est dynamique et sert agréablement l’intrigue sans l’alourdir, les pages se tournent toutes seules, c’est agréable.

J’ai pris plaisir à m’attacher aux personnages qui, pour la plupart, cachent très bien leur jeu et s’amusent à tromper leur entourage. Même ceux qui semblent les plus loyaux deviennent les pires traites, on se laisse prendre à ce petit jeu avec plaisir. Certaines scènes par ailleurs sont parfois dures, en même temps … avec un titre comme celui-là, on ne s’attend pas forcément à trouver que des histoires d’amour …

Gros reproche à faire à l’éditeur cependant, la quatrième de couverture révèle 75% de l’histoire, c’est beaucoup trop, mon ultime conseil donc : NE la LISEZ PAS, entamez le premier chapitre, laissez-vous porter.

Garrido nous expose une aventure qui mérite qu’on s’y attarde. J’ai passé de bons moments en compagnie de ce livre passionnant par son contenu et palpitant par les événements qu’il renferme.

Le chant des plaines, Kent Haruf


 

Kent Haruf nous propose tout au long du livre de faire la connaissance de personnages attachants, sensibles, plongés dans un décor calme et sauvage. Il nous décrit la vie de ces personnes comme s’il avait posé une caméra le temps de quelques mois pour nous donner à voir un moment de leur existence. Tout est en justesse et en retenue, en violence aussi ; comme la vie.

L’émotion est palpable à de très nombreuses reprises tout au long du livre, on est touchés par les destins de ceux qui vivent dans ce chant des plaines. La simplicité de l’écriture sert une intrigue succinte mais tout en caractère, qui émeut le lecteur.

J’ai particulièrement aimé les frères McPheron, maladroits mais tellement généreux sous leur tignasse grise et leurs chapeaux rapiécés. On les imagine tellement ne pas oser, douter, hésiter … et finalement aimer, ils sont pour moi les plus attendrissants.

Haruf nous présente finalement une galerie de personnages plus attachants les uns que les autres avec leurs faiblesses, leurs forces, leurs histoires. Ça berce, ça charme l’esprit, c’est bon !

Un dernier petit mot sur la qualité du papier sur lequel est imprimé ce texte qui en renforce juste ces quelques très bonnes impressions.

J’ai passé d’excellents moments en compagnie de cet ouvrage que j’ai terminé de lire dans un rayon de soleil, comme pour saluer ma savoureuse lecture.

Terrienne, Jean-Claude Mourlevat

J’aime beaucoup beaucoup la science-fiction dystopique !

J’aime que l’on me décrive des sociétés idéalisées, parfaites (?), liberticides. Parfaites parce que liberticides … L’humain y est exemplaire parce que dépourvu de réflexion et de création et de sentiments. La SF dystopique dit quelque chose de notre époque, nous confronte à notre propre société, à ses défauts, à ses dérives, elle incite à la réflexion et j’aime vraiment ça.

Seulement voilà, l’ouvrage Terrienne de Mourlevat m’a vraiment laissé une impression de “déjà lu”. L’aventure y est cependant fort prenante, l’auteur pousse ses personnages dans leurs limites les plus lointaines, l’intrigue est originale mais ma lecture ne m’a pas fait l’effet d’un 1984 ou d’un Fahrenheit 451

Il faut donc remettre les choses dans leur contexte. Cet ouvrage est destiné à un public d’adolescents et à ce titre il est juste remarquable. Il est une excellente approche à ce genre un peu spécial, il peut se révéler être une bonne introduction à Orwell, Huxley et Bradbury.

Mourlevat nous propose une intrigue palpitante de bout en bout, la fin est particulièrement soignée et consciencieuse, une jolie découverte à proposer aux jeunes lecteurs.

Maman a tort, Michel Bussi

C’est la première fois que je me confronte à cet auteur que je ne connaissais pas. J’ai été agréablement surprise par l’ensemble de l’ouvrage que j’ai trouvé dense, relativement agréable à lire et bien construit.

Bussi prend le temps de détailler son intrigue – parfois un peu trop – mais malgré tout on ne s’ennuie pas une seconde, ça va vite tout en étant très lent. Il pose le cadre de son histoire, il laisse le temps à son lecteur d’en ressentir toutes les impressions, c’est bon ! Aussi, ce rythme est constant tout au long du livre il n’y a donc aucune frustration et aucun passage à vide pendant lequel on pourrait se dire “Mmmmh … là, c’est juste un peu trop facile”. Rien ne passe “en force”, c’est agréable.

Je ne lis pas de roman policier en général, c’est un genre auquel je ne pense pas quand je me procure des livres, j’ai donc entamé celui-ci sans aucun horizon d’attente particulier, la surprise était totale.

Les personnages sont intéressants, profonds, inattendus aussi et en fin de compte très attachants. J’ai été particulièrement touchée par Malone évidemment qui, du haut de ses trois ans et demi est odieusement victime des mensonges et des monstruosités commises par les adultes. L’auteur use du point de vue interne pour nous faire parvenir les sentiments de ce petit bonhomme à la fois fragile et inébranlable. On imagine que trop bien l’angoisse qui est la sienne à chaque étape de l’intrigue et ça marche, en tant que lecteur, on est vraiment ému.

Une petite remarque cependant sur l’écriture de Michel Bussi, j’ai été un peu agacée par un procédé dont il abuse parfois. Il joue notamment en fin de chapitre à ne pas complètement dire les choses, puis il finit par les annoncer un peu comme dans les séries américaines quand le méchant s’apprête à donner la réplique essentielle à toute l’histoire sur un roulement de tambour impétueux juste avant une page de pub …  Une fois ça va, deux aussi … mais quand c’est presque à chaque chapitre sur quelques dizaines de pages, ça devient vraiment répétitif. Ça donne à force un effet de : “et là, c’est le drame …” un peu lourd.

A part cette toute petite remarque, cet ouvrage m’a tenue pendant quelques jours une bien belle compagnie. Je lirai d’autres livres de Michel Bussi !

La Tulipe noire, Alexandre Dumas

C’est l’histoire d’une histoire d’amour entre un homme et ses fleurs. Les tulipes sont les compagnes de Cornellius, elles sont sa raison de vivre. Il va cependant devoir se séparer avec une profonde douleur de (ses) son trésor(s) le temps de faire face à une accusation inattendue et peut-être fatale …

Dumas nous propose une nouvelle fois de faire la rencontre de personnages envieux, orgueilleux, mauvais et par conséquent détestables. L’auteur enfonce sa plume dans les travers de l’humain, dans la jalousie, la rivalité mais aussi dans l’honnêteté, la fidélité, l’héroïsme et l’amour. Les protagonistes deviennent dans l’esprit du lecteur des voisins, des connaissances, des amis, des camarades. Tous sont attachants et profondément réalistes.

Dumas va traiter de son thème de prédilection, la vengeance.

J’avais oublié à quel point il jouait – au risque de rendre son récit très manichéen – à rendre certains de ses personnages pervers et malfaisants. Il nous propose un récit parfois construit comme un bon polar où l’accusé à tort doit se battre pour prouver sa bonne foi, où l’opposant devient l’ennemi à abattre. Le récit en est haletant, passionnant, inarrétable. Les rebondissements sont certes prévisibles et attendus mais vraiment efficaces !

Il faut néanmoins s’accrocher à la lecture le temps des deux premiers chapitres. Le contexte historico-politique que nous propose Dumas est dense et peut décourager un lecteur fatigué. L’occasion est très belle cependant de découvrir les caractéristiques du roman historique … L’auteur laisse heureusement place très rapidement à son intrigue. Ne vous laissez pas accabler par ces quelques premières pages le reste du roman est juste excellent !

La demeure de la peur, Mimi McCoy

Claudia a prévu de passer ses vacances avec sa meilleure amie. Elles s’organisent un très bel été plein de sorties et de jeux seulement voilà, les parents de Claudia ont acheté une nouvelle maison à la campagne et y emmène leur fille toute la saison estivale …

Une élève m’a prêté ce petit ouvrage que j’ai lu à toute vitesse. Comme la collection l’indique, l’angoisse et la peur sont les thèmes sur lesquels est construite l’histoire. Claudia est confrontée à des phénomènes inexpliqués qu’elle est la seule à percevoir. C’est relativement bien écrit, les personnages sont attachants, la protagoniste est crédible, la lecture est plaisante.

Ces petites collections rendent la littérature de jeunesse séduisante, accessible, amusante et profondément divertissante.

Panne de lecture

Je me suis fâchée avec l’un des plus grands amours de ma vie.

Cela fait quelques semaines maintenant que j’ouvre un livre, lis un peu, glisse un marque-page, le repose. Je prends un autre livre, le feuillette quelque temps, le repose puis l’oublie.

Mon chevet est jonché d’ouvrages entamés et oubliés …

C’est l’histoire d’un manque d’envie, d’une lassitude qui s’installe, d’un « tiens, j’ai ça à faire », on louvoie, on hésite puis on renonce.

Je laisse passer deux semaines, puis trois, puis quatre et je m’inquiète, un peu, quand même.

Je me dis que les vacances approchent, que les fêtes sauront m’apporter l’apaisement nécessaire à la reconquête de ma bibliothèque.

C’est une histoire d’amour qui connaît des hauts, des bas, des vagues gigantesques jouissives et d’autres insignifiantes qui lèchent la grève et s’éteignent … Et si ça ne revenait pas ?

Les petites tâches quotidiennes deviennent primordiales, plier le linge, vider le lave vaisselle, corriger un paquet de copies – bon, ça c’est vraiment essentiel – et on oublie de lire. On oublie de s’y confronter – ou on évite de le faire – on sent que quelque chose ne va pas sans que l’on puisse vraiment exprimer quoique ce soit.

Lire pour le plaisir n’est pas une obligation et quand on est en panne de plaisir encore moins, mais c’est triste … Je boude, je suis fâchée, je suis indisposée, indisponible et j’imagine mes petits êtres de papier me regarder les pages larmoyantes de ne pas être lues …

C’est l’histoire d’une histoire d’amour avec des hauts et des bas … là, je décline.

Icônne, Natoo

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Idéal lors d’une panne de lecture qui s’éternise un peu, lire un livre “qui se prend pour un magazine.”

Je ne lis absolument pas de presse féminine, elle se résume pour moi à quelques feuilletages en salle d’attente de médecins et c’est largement suffisant pour me rendre compte à quel point elle ne me parle pas. Pour moi, l’achat de vêtements et de produits de beauté ou encore de séances chez le coiffeur se résument au strict nécessaire et vital. J’utilise deux paires de chaussures par an avec lesquelles je serais capable de parcourir des kilomètres sans une ampoule. Je ne me peins ni les ongles ni les cheveux et mon esthéticienne est très professionnelle et disponible juste pour ce dont j’ai besoin ce qui me dispense d’aller voir ailleurs … Cela fait des années que je vais à l’essentiel dans tous ces domaines, et ça me convient très bien !

J’avais envie de me faire une opinion sur ce livre-magazine, je n’ai pas hésité à l’emprunter quand on m’a proposé de me le laisser.

Natoo se moque, tourne en dérision, fait la satire d’une presse qui nous prend bien souvent pour des idiotes en nous faisant croire que ce n’est pas le cas. Tout y est : les publicités, les articles futiles et stéréotypés, les titres racoleurs, les régimes, les quizz, les tests en tout genre, les pages mode et déco, bref … Tout la petite futilité nécessaire à un magazine féminin réussi.

Au-delà du fait que ça se lit tout seul, avec facilité et sourire, j’ai trouvé le travail de Natoo culotté, parfois audacieux, assez “pipi-caca” aussi mais finalement très critique et très engagé. Elle dénonce toute l’idiotie que renferme souvent ces magazines avec humour et dérision. Le titre lui même avec ses deux “n” nous laisse conne un message …

On imagine ses conseils idiots bardés d’impératifs énoncés avec une voix aiguë et surjouée style “télé-achat”. Le texte reprend les caractéristiques, les éléments de langage “qui font vendre” pour mieux de nous soumettre. Le “vous” et le “nous” ou le “on” sont légion et nous incite à nous sentir concernée, touchée : “l’épilation quelle corvée ! On le sait depuis longtemps …” ; “une partie de notre corps révèle notre potentiel séduction” ; “Quoique l‘on fasse, c’est une question d’anatomie” ; “vous n’avez plus qu’à vous préoccuper de votre apparence” ; “Réalisez vous-même des tenues tendances” ; “Faites voyager vos papilles”. Nous les femmes, nous les consommatrices, nous qui devons réussir, nous qui devons plaire.

Natoo se moque de tout cela et prend plaisir à le faire. J’ai plutôt apprécié cette satire déjantée et loufoque. Une lecture “panne de lecture” ou “pas le moral” ou encore “j’aime pas lire” qui permet de passer un moment de détente en buvant une tasse de thé après sa journée de boulot entre la grippe du petit et le plein de courses de la semaine.

La classe de neige, Emmanuel Carrère

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Comme ce livre est glauque ! Intéressant mais glauque …

On suit Nicolas qui part en classe de neige avec ses camarades, cette dernière ne va cependant pas se passer comme prévu.

Nicolas est un adolescent ordinaire avec ses doutes, ses craintes, le poids du regard des autres qui influence ses pensées, ses actions (quelle période difficile quand on y repense …) et son entourage ne semble pas exactement celui qu’il prétend être.

Ce livre est déstabilisant car il met en scène des personnages malmenés, dépressifs, tristes, chargés de doutes, à l’imagination parfois sinistre, bardés de non-dits, souvent seuls, malades, le tout dans un univers froid, celui de la montagne. De plus, le point de vue interne accentue cette impression d’accointance avec Nicolas, cette impression de tête à tête blafard …

La deuxième partie de l’ouvrage est menée comme une enquête policière et le crime sordide qui y est perpétré hisse au paroxysme l’impression de malaise que l’on ressent tout au long de l’ouvrage. De plus, l’auteur joue de cela, il ne dit pas tout, fait des sous-entendus, quant à la fin … à nous de l’imaginer …

La classe de neige, un ouvrage au titre doux, souriant, mignon comme une colonie de vacances mais qui cache bien son jeu !

Le coeur du pélican, Cécile Coulon

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Ce livre raconte la descente aux enfers d’un sportif au destin avorté. Cette histoire est une tragédie de celles que vivent les forças du sport, de la gagne et à la carrière injustement interrompue.

Dans un style vif, cinglant, aux phrases courtes et au vocabulaire concis – à l’image de la douleur de son protagoniste – Cécile Coulon nous propose un récit entraînant sur la chute d’un homme à qui la gloire était promise.

Cette jeune auteure nous dresse un portrait humain complet, cynique, profondément mature du haut de ses 26 ans, c’est bluffant !

Anthime est poussé à bout de son désir de vouloir, est-il certain seulement de ce qu’il veut … ? Ne risque-t-il pas finalement de se perdre à vouloir rattraper le temps passé ? Un récit fort et poignant.

Du vent dans les toiles d'araignée, Xavier Zakoian

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Aïe aïe aïe … Je crains ne pas poursuivre les critiques élogieuses précédemment faites sur cet ouvrage. Je suis passée à côté de l’histoire que nous propose Xavier Zakoian, j’ai pourtant pris soin de reprendre ma lecture dès le début à deux reprises pour tenter de provoquer la rencontre, sans succès.

J’aurais bien du mal à expliquer ce qui ne m’a pas plu. Peut-être le style que je trouve certes élégant – Xavier Zakoian écrit bien, il faut le reconnaître – mais qui a peut être tendance à mettre l’histoire à distance, les personnages auxquels je n’ai pas du tout réussi à m’identifier ou à m’attacher, peut-être est-ce la construction de l’intrigue que j’ai trouvée maladroite, l’aspect Historique peut-être un peu trop survolé alors qu’il fait partie intégrante de l’ouvrage, je ne sais pas … J’ai tout simplement l’impression que Xavier Zakoian ne m’a pas emmenée, c’est dommage.

C’est toujours une déception de ne pas apprécier un ouvrage, j’ai l’impression d’être contrariée, soucieuse d’avoir raté un rendez-vous. Je retenterai cette lecture une autre fois en espérant y trouver davantage de contentement.

 
 

Le fantôme des plages, Hugo Verlomme

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Cet ouvrage est en fait la suite de L’homme des vagues mais peut se lire en totale indépendance de ce premier tome.

Quelle jolie aventure que celle d’Arthur ! Ce jeune orphelin de père part en vacances  à Hossegor, il est loin de se douter qu’elles seront inoubliables !

Hugo Verlomme nous propose un récit haletant, fourni en personnages souriants, dynamiques, riches et attachants. Son style est simple et accessible si bien que je me suis retrouvée plongée moi aussi dans ces rouleaux de l’Atlantique chauffés par le soleil estival ; cet ouvrage est une petite pépite de vacances dans mon automne quotidien bien installé maintenant …

L’aspect fantastique présent tout au long de l’ouvrage – avec la présence plus ou moins réelle de ce fantôme – apporte une note originale et inattendue à l’histoire et la rend pour le moins magique.

J’émets simplement une petite réserve sur le discours écologique un peu culpabilisateur dans une ou deux parties de l’ouvrage, il me semble tout à fait logique que l’on puisse s’en inspirer mais que cela devienne des messages subliminaux, je trouve ça un peu maladroit (ça n’est que mon avis bien entendu). Cela ne ternit cependant en rien mes autres impressions fort positives.

Le fantôme des plages est une lecture que j’ai trouvée bienvenue et apaisante, le suspense est parfois vraiment prenant, il s’agit là une fois de plus d’un ouvrage jeunesse qui saura ravir les petits aventuriers.