Les misérables, Victor Hugo

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Je vais tenter en toute modestie d’écrire mon ressenti à propos de cette très très grande œuvre sur laquelle tout semble déjà avoir été dit …Je me sens bien petite face à ce colosse de la littérature, je vais malgré tout essayer, à mon tout petit niveau, de rendre hommage à cet ouvrage.

Les misérables est une œuvre qui contient absolument tout. C’est à la fois un livre historique, un essai, un roman policier, une œuvre poétique, un roman d’amour, une encyclopédie. Victor Hugo nous offre une multitude de tableaux, nous invitant à la réflexion souvent, en nous proposant du suspense parfois.

Je suis toujours assez admirative de la force avec laquelle les images nous parviennent lors des descriptions de cet auteur. Nous sommes avec Cosette, seule, dans le froid humide au bord du puits alors qu’elle remplit un seau plus gros qu’elle ; nous sommes avec Jean Valjean quand il tente par tous les moyens d’échapper à Javert se cachant dans les rues sombres ; nous sommes avec Marius, debout sur sa commode à regarder chez ses voisins et à y découvrir l’inimaginable ; nous sommes avec Gavroche caché dans l’éléphant à l’abri des rats serrant la main de son frère ; nous sommes presque physiquement avec tous ces personnages qui ont en eux une réelle force et un profond réalisme, une telle présence, cela enjolive considérablement la lecture.

Victor Hugo de nous proposer des leçons de politique :  « Résolvez les deux problèmes, encouragez le riche et protégez le pauvre, supprimer la misère, mettez un terme à l’exploitation injuste du faible par le fort, […] ajustez mathématiquement et fraternellement le salaire au travail, mêlez l’enseignement gratuit et obligatoire à la croissance de l’enfance et faites de la science la base de la virilité, […] en deux mots sachez produire la richesse et sachez la répartir ; et vous aurez tout ensemble la grandeur matérielle et la grandeur morale ; et vous serez dignes de vous appeler la France. » faisant de cette œuvre un ouvrage profondément moderne et contemporain des évènements de notre monde.

Par ailleurs, Hugo fait vivre ses personnages en les faisant se rencontrer puis se quitter puis de nouveau se revoir dans des situations qui peuvent frôler parfois le manque de cohérence, cependant le rythme de l’histoire est tel qu’on se laisse porter à ces liens qui se nouent et se défont au fil des pages. Cet aspect est sans doute finalement un support à la réflexion, à la critique que Hugo fait de la société. Dès la préface, il annonce d’ailleurs cette volonté de nous proposer un ouvrage engagé :  « Tant qu’il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles ».

J’ai vraiment beaucoup aimé cette lecture, même si les diversions sont parfois longues voire fastidieuses quand on a hâte surtout de reprendre l’intrigue là où nous l’avions laissée auprès des personnages auxquels on se trouve très vite attachés. Cependant, ces diversions ne sont pas aussi importantes que dans les travailleurs de la mer où l’histoire ne commence réellement qu’à la trois centième page il me semble … Victor Hugo nous propose en l’occurrence une visite des égouts de Paris d’une précision remarquable, presque encyclopédique.

Et ces citations ! Ces phrases que l’on souligne modestement du bout du doigt (j’ai lu l’ouvrage sur liseuse) et qui pourraient être suspendues aux murs du monde !

« De même que les incendies éclairent toute la ville, les révolutions éclairent tout le genre humain. »

« Malheur a qui veut être parasite ! il sera vermine. »

« La misère d’un enfant intéresse une mère, la misère d’un jeune homme intéresse une jeune fille, la misère d’un vieillard n’intéresse personne. »

« Ainsi la paresse est mère. Elle a un fils, le vol, et une fille, la faim. »

Je ne suis pas partisane des listes de livres qu’il faut absolument avoir lus dans sa vie (même pas du tout !) cependant, Les misérables représentent un tel monument profondément contemporain qu’il serait dommage de ne pas en faire la rencontre. Je suis désormais heureuse d’en avoir fait la découverte intégrale.

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