L’enfant, Jules Vallès

Dans le cadre d’une préparation de séquence, je me plonge ou replonge dans une série d’ouvrages sur les récits d’enfance mettant en scène des enfants en proie à des difficultés souvent, à des malheurs parfois, à des souffrances aussi.

L’enfance n’est pas toujours synonyme de bonheur et le roman est un genre qui se prête en général très bien à ce type de récits dans lesquels le réalisme est souvent très marqué.

Dans ce domaine, L’enfant de Jules Vallès est un modèle du genre. Ce récit autobiographique est d’une modernité rare. Les phrases courtes, la ponctuation expressive, le langage oral qui alterne avec des passages profondément poétiques, le discours indirect libre … tous ces éléments font, de cette oeuvre du XIX, un ouvrage profondément contemporain.

Jules Vallès nous rappelle la valeur de l’enfance, sa fragilité, sa singularité aussi. Nous n’en avons qu’une, nos enfants n’ont que celle que nous leur forgeons et elle a une valeur inestimable, inouïe. Elle a un tel écho dans nos vies d’adulte que nous n’avons pas le droit de la saborder. Si L’enfant de Jules Vallès vaut le coup d’être lu et d’être étudié, c’est pour prendre conscience de cela.

Par conséquent, et cela participe également à l’incroyable modernité du livre, l’auteur porte un regard sur l’éducation qui fait miroir à de nombreux théories contemporaines ; notamment l’importance de la confiance en soi, de l’attachement, des repères affectifs, de l’éducation positive, tout cela est abordé par Vallès avec une clairvoyance, une intelligence vraiment remarquables. Les coups, les humiliations qui peuvent conduire les adultes à l’irréparable sont d’une violence sans nom, certaines scènes sont d’ailleurs d’une sauvagerie rare.

Jacques, le narrateur, nous inspire de la pitié, nous ressentons en tant que lecteur toute la culpabilité de l’enfant qui n’ose pas déranger, qui n’ose pas s’exprimer. Jacques évoque la violence de l’éducation qu’il reçoit mais également celle de l’institution qui soumet les adultes, les annihile. Je crois profondément que le roman est un genre foncièrement engagé, L’enfant le confirme encore.

Ce roman autobiographique est l’histoire d’une résilience de quelqu’un qui utilise sa révolte, sa douleur pour résister et se dépasser. Fort de cette enfance douloureuse, Jules Vallès nous sert un ouvrage poignant porteur d’espoir et de vérité.

 

 

 

 

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