Le petit joueur d’échecs, Yôko Ogawa

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Oh ! Je sens que je viens de découvrir là une auteur qui va peupler ma bibliothèque pour un petit moment ! De plus, l’éditeur Babel-Actes Sud propose des petits livres tout à fait éminents au papier dense et à l’impression soignée qui vous font bouder la liseuse.

Nous restons dans le domaine des échecs avec cette histoire tout à fait singulière. C’est l’histoire d’un petit garçon qui va faire la rencontre d’un très gros Monsieur qui va lui apprendre à jouer à ce célèbre jeu de société ; s’en suit une histoire poétique et originale. Les personnages sont attachants et mignons même s’ils sont – pour certains – absolument monstrueux, ce décalage est particulièrement saisissant. Leur humanité, leur bienveillance prennent toute la place et c’est beau ! Le protagoniste dont on ne connait pas le nom est débordant de tendresse et de simplicité. Il est sincèrement attrayant. Il m’a souvent fait penser à Gwynplaine tout au long de la lecture, L’homme qui rit de Victor Hugo …

Je ne me suis pas ennuyée tout au long de ce roman même si les descriptions des parties de jeu peuvent être répétitives ou fastidieuses pour certains lecteurs … J’ai trouvé au contraire qu’il y avait assez d’originalité dans tous ces duels soigneusement différents les uns des autres pour ne point lasser. J’ai moi même joué aux échecs avec ces personnages, leurs disparités garantissent un réel divertissement. Yôko Ogawa use d’un style élégant presque poétique qui rend son imaginaire insolite, c’est très dépaysant.

« L’échiquier qui d’habitude lui récitait un poème, faisait résonner de la musique ou traçait des constellations, n’était rien d’autre qu’une simple planche. Cette nuit-là, dans l’ancienne salle de douche des femmes, Miira était devenue son poème, sa musique, sa constellation. »

« -Alors, jouer aux échecs, c’est peut-être comme si on marchait en voyageant d’étoile en étoile, tu ne crois pas ?
-C’est ça. Parce qu’on ne sait plus quoi faire sur la Terre, on voyage dans l’espace. »

Le petit joueur d’échecs est une histoire candide par certains aspects, sincèrement belle mais aussi triste voire complètement glauque parfois, c’est ce qui rend ce roman franchement particulier. Ogawa m’a convaincue ! Je vais m’empresser de découvrir d’autres de ses ouvrages.

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