La chartreuse de Parme, Stendhal

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Je ne comprends pas trop l’enthousiasme exprimé autour de ce livre, je l’ai trouvé long, quelque peu ennuyeux et particulièrement décousu … Il semble que Stendhal l’ai écrit – dicté – rapidement sans de réelle relecture pour « se livrer à la joie de l’écriture et de s’abandonner librement à tous les caprices et à toutes les fantaisies de son imagination » (1) ça je veux bien le croire ! L’intrigue est sclérosée, Fabrice, ce héros anti-héros auquel on s’attache dès le début du livre en est absent pendant de longs passages sans que l’on comprenne dans un premier temps vraiment pourquoi, ce qui en est frustrant. Par ailleurs, il peut y avoir dans cet ouvrage plusieurs pages consacrées à quelques jours d’une vie et plusieurs années résumées en trois lignes ce qui n’est en soit pas gênant du tout mais on se retrouve soudain avec des incohérences, des personnages qui ont oublié de vieillir …

Autant je suis sortie enchantée de Mme Bovary que là je suis déçue …  Stendhal rompt clairement avec les règles qu’imposent le roman et que Balzac juge plus essentielles : des personnages qui viennent les uns après les autres et qui surtout sont présentés, une intrigue cohérente et aboutie, des sentiments clairement exprimés et surtout des descriptions. Le premier chapitre de la Chartreuse m’a laissée quelque peu pantoise, n’étant pas une férue d’histoire je me suis noyée, il y a justement dans ce premier chapitre pléthore de personnages à peine présentés et qui se succèdent, il faudrait alors en étudier le contenu et pas seulement le lire …

Revenons au héros de ce roman (même si on peut encore se demander s’il s’agit vraiment du héros tellement les personnages secondaires peuvent le supplanter) je l’ai trouvé parfois inconstant et désinvolte ; il m’a fait pensé (et ça va sans doute en surprendre plus d’un) à un Pinnochio qui tente d’apprendre de ses échecs mais sans que cela soit réellement efficace et qui surtout a bien du mal à prendre des décisions seul et s’appuie beaucoup sur son entourage (d’où l’importance des personnages secondaires). En fait, Stendhal s’amuse avec ce protagoniste, il lui fait subir des més-aventures, le met dans des situations difficiles et on sent qu’il prend plaisir à le faire, moi, personnellement ça m’a un peu étourdie, ces aventures peuvent parfois être franchement intéressantes (la bataille de Waterloo m’a vraiment plu, aussi, le passage où il brule son passeport et utilise celui de l’homme qu’il a tué : « Il s’élève une difficulté » tu m’étonnes ! …) aventures intéressantes donc mais qui semblent se succéder les unes aux autres sans réelle unité, c’est dommage … Parce que, parfois, on sourit franchement ! La description de la prison est cependant de toute beauté notons-le.

Un mot encore sur le titre de ce roman que je trouve juste sublime – à l’image de la couverture de la GF une fois de plus – La Chartreuse de Parme. C’est doux et élégant à l’oreille, c’est un titre qui se susurre et se déguste, je m’attendais donc à un tout autre ouvrage. Il reste cependant fort intéressant si vous souhaitez découvrir un roman du XIXè différent, qui s’éloigne des codes du genre …

 (1) Citation de Fabienne Bercegol issue de la présentation du livre. Ed . GF.

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4 commentaires


  1. j’avais commencé à le lire il y a…très très longtemps, j’avais abandonné……..je reprendrai peut-être un jour… ou pas!

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    1. Comme je te comprends !
      C’est vraiment un ouvrage … inconstant …
      A bientôt !

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  2. Ce livre me faisait pas particulièrement envie, et je ne pense pas le lire de sitôt même si j’ai beaucoup apprécié Le rouge et le noir.

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    1. J’ai prévu justement de relire Le rouge et le noir pour me remettre de cette déception 🙂

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