La bête humaine, Zola

Je ne lis pas beaucoup Zola. J’ai toujours l’impression que pour aborder cet auteur il faut être armé d’un moral d’acier et d’une bonne humeur à toutes épreuves. Et puis je me suis laissée tenter par ce roman certes sombre mais qui m’intriguait de par son titre et de par les quelques extraits que j’ai pu étudier ici et là.

La bête humaine, mais qui est-elle cette bête ? C’est là finalement la question que nous nous posons tout au long de la lecture. Mais qui est Jacques, ce personnage ambivalent ? Ne serait-ce pas Roubaud, jaloux maladif qui bat sa femme ? Ou serait-ce finalement cette machine, premier amour de Lantier, qu’il aime comme une épouse fidèle et imperturbable ? Et qu’en est-il de Flore ?

Ce roman nous propose des personnages confrontés à leurs actions, à leur conscience, à leurs passions ; des personnages torturés par ce qu’ils pensent, ce qu’ils savent, ce qu’ils imaginent. Des personnages poussés dans leur conscience à commettre l’irréparable et parfois à en ressentir du soulagement. J’ai été particulièrement touchée dans ma sensibilité de lectrice par ces êtres que l’on connait au fur et à mesure de la lecture et auxquels on se confronte et on s’attache malgré leurs travers et leurs méfaits. C’est là sans doute toute la force du réalisme et plus précisément du naturalisme sous la plume de Zola, c’est que l’auteur fouille, interroge, explore l’âme humaine ; il met en exergue la folie, les passions maladives des personnages qu’il créé en les inscrivant dans un milieu de vie qui les assaille. Au risque parfois de provoquer le malaise, l’auteur met en avant avec une richesse insoupçonnée ce qu’est l’esprit humain dans ce qu’il a de plus sombre et glacial.

Par ailleurs, et à ma grande surprise, ce roman prend les traits d’un polar de bout en bout. Jacques – à la manière d’un personnage d’Agatha Christie – entraperçoit un crime dans un train lancé à 80km/h et est confronté par la suite à l’auteur de ce meurtre. Lui-même sera confronté à cette folie meurtrière tout au long du livre. Toutes les interrogations, les regards, les troubles des uns et des autres ne nous font pas lâcher le roman pendant de nombreuses pages. Il en est de même pour le passage de la Lison à travers une tempête de neige, l’intrigue prend alors les traits d’un vrai roman d’aventures qu’il est difficile de quitter. Puis il y a le procès, les témoignages, les preuves, et la vérité éclatante, ou pas.

Si vous avez envie de vous confronter aux classiques et que vous aimez le polar, je vous encourage vivement à vous plonger dans La Bête humaine. L’intrigue est rondement ficelée au rythme des trains qui passent dans leurs mouvements rigoureux et inexorables jusqu’à la toute fin …

 

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