Et si nous étions libres, Annick Cherville

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Voilà un livre dense et exigent mais s’il vous plait ne fuyez pas ! Il fait plus de 700 pages et ne comportent pas de larges marges blanches. Étant une adepte (voire addict) des poches ça a été ma toute première surprise en sortant de la librairie, son poids, sa densité.

J’avoue avoir eu peur de m’ennuyer dès les premières pages, n’étant pas trop habituée à ce type de lecture. Le titre me renvoyait une image convenue (du style Et si c’était vrai ou encore Je reviens te chercher), un sentiment de déjà vu qui me faisait craindre le pire. La photo de couverture – étant, je pense, un choix de l’éditeur – ne rehaussait malheureusement pas cette première impression. Cependant, au fil des pages, le récit propose bien des surprises et cela m’a finalement portée.

Nous suivons les pas de Catherine, jeune femme écrivain et à la vie tumultueuse, elle nous emmène à travers le monde à la recherche d’elle même. Cette femme que nous suivons avec intérêt n’aurait sans doute pas pu être une de mes amies – au risque de vous décevoir – même si j’apprécie ce qu’elle nous donne à voir, elle a une vision de la vie qui est finalement fort éloignée de la mienne, par conséquent, je n’ai pas vraiment pu m’identifier à elle, mais c’est justement ce qui la rend intéressante. Je me suis également sentie fort éloignée d’Emma Bovary (heureusement …) mais je l’ai cependant beaucoup aimée parce que justement elle est détestable. Cat n’est pas détestable cependant, elle est juste éloignée de moi et je l’ai néanmoins beaucoup appréciée. Ce ressenti est finalement très personnel …

Au delà du protagoniste, le style de l’auteur tout d’abord ainsi que le rythme qu’elle propose m’ont plu. Les descriptions des paysages m’ont comblée, j’ai beaucoup aimé redécouvrir Le Frioul sous la plume soignée d’Annick Cherville. Les voyages de Catherine sont un peu les nôtres tellement ils semblent à portée d’yeux à travers les pages …Ça, pour le coup, ça a  vraiment été un régal !

Ces descriptions n’altèrent en rien le rythme de l’histoire comme je le disais plus haut, la vie du protagoniste est pleine tout en étant parfois vide de sens ce qui en fait un personnage complet avec ses états d’âme, ses doutes, ses peurs, ses angoisses mais aussi ses joies et c’est là un autre bon point de cet ouvrage : la richesse de ses personnages ; que l’on peut trouver inconstants au début voire immatures ce qui a le don de m’exaspérer (mais à quoi bon autant de drogues et de sexe ?? Est-ce vraiment ça la définition de la liberté ? Chercher à se foutre en l’air ?? Je ne comprendrai jamais …) mais cela s’efface heureusement au fil des lignes. Les expériences que font les personnages les rendent profonds, fort bien décrits, complets et j’aime particulièrement ça ! Annick Cherville prend le temps de nous décrire tout ce petit monde ce qui rend certes le livre dense mais aussi d’une richesse rare.

Ce roman peut aussi s’écouter tellement la musique est présente, des extraits de tous horizons parsèment les pages et illustrent la lecture avec originalité. Il invite également à l’écriture, à la solitude, à la réflexion, à l’observation du monde, j’ai trouvé ça bon, ça fait du bien !!

Je ne peux que faire le parallèle avec Changer la vie d’Antoine Audouard qui propose un peu le même schéma mais qui ne m’a pas portée faute de relief et de constance.

Par ailleurs, La filière émeraude de Michael Collins que j’ai lu il y a plusieurs années m’avait emmenée de la même façon après m’avoir rebutée.

Une fort belle découverte donc que je vous invite sincèrement à découvrir, et si nous étions libres vous fera rencontrer des personnages enrichissants et des paysages superbes sous la plume d’une auteur au talent certain, pour tout cela, il mérite d’être connu.

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2 commentaires


  1. Un livre que je ne connaissais pas avant de te lire. Même si les 700 pages me font un peu peur (j’ai toujours peur avec les pavés), ça me tente bien. Je le note pour une lecture prochaine. Si je le trouve en librairie, il y a de fortes chances qu’il reparte dans mon sac !

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    1. C’est pareil, j’ai toujours une petite crainte aussi avec les pavés, mais il y a aussi des livres de 200 pages qui m’ennuient terriblement donc j’essaie de ne pas y faire attention …
      Je te souhaite une belle découverte 🙂

      Répondre

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