Cinq semaines en ballon, Jules Verne

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Je prolonge un peu ma période Jules Verne en me lançant dans la lecture de Cinq semaines en ballon.

 C’est l’histoire de trois hommes – non, décidément, il n’y a pas de femmes dans les romans de Jules Verne – trois hommes donc, qui sous l’impulsion du docteur Samuel Fergusson décident de traverser l’Afrique en Mongolfière. Les personnages sont une fois de plus bien campés, chacun a son rôle attribué, l’aventure ne peut alors que bien se passer. Cet aspect est flagrant des romans de Jules Verne. Les domestiques sont des domestiques, les ingénieurs et les docteurs, garants du savoir prennent les choses en main. Jules Verne ne s’ennuie pas avec d’éventuels conflits ou autres désaccords. Ses personnages ne dévient jamais de ce qu’ils ont à faire se consacrant ainsi pleinement à leur aventure … Je crains que cela finisse par m’ennuyer.

Par ailleurs, l’aspect scientifique n’est pas en reste … Le début du roman est une réelle leçon de science physique à l’image de la fabrication de la nitroglycérine par Smith dans L’île mystérieuse. Tout est prétexte à l’apprentissage pour Verne, il le montre une fois de plus ici.

Ce livre émet quelques réflexions qui pour certaines m’ont franchement surprise. Les hommes s’interrogent sur le bien fondé de l’industrialisation, ils se demandant si les machines ne finiront pas par détruire l’humanité. Le livre étant écrit en 1863, cela me semble pertinent : « A force d’inventer des machines, les hommes se feront dévorer par elles ! » Ce qui m’étonne davantage ce sont les constats que font les personnages sur le continent qu’ils survolent : L’Afrique.

Le roman s’ouvre sur cette phrase du narrateur : « L’Angleterre a toujours marché à la tête des nations (car, on l’a remarqué, les nations marchent universellement à la tête les unes des autres » cela me fait penser à la célèbre phrase de Jules Ferry de 1885

« Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures.  Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. ».

Dans Cinq semaines en ballon, Jules Verne porte sur l’Afrique un regard qui peut nous sembler choquant aujourd’hui, les Africains sont un peuple bestial, naïf, cruel et les protagonistes n’hésitent pas à invectiver ce peuple primitif à leurs yeux comme en témoignent les extraits suivants :

« Tous ces africains, imitateurs comme des singes » 

ou encore

« Nous t’avions cru assiégé par des indigènes.

– Ce n’était que des singes, heureusement !

– De loin, la différence n’est pas grande.

-Ni même de près. »

Cependant ces propos qui m’ont quelque peu interpellée sont temporisés à certains endroits du roman où l’Afrique passe pour être le continent de l’avenir lorsque l’Europe aura – elle – consommé toutes ses richesses. Par ailleurs, certaines scènes sont d’une violence assez cruelle, les protagonistes survolent des scènes de carnages assez édifiantes.

Toutes ces remarques montrent à quel point le roman de Jules Verne (en tout cas celui ci) a vieilli. Le regard sur le monde a changé et c’est franchement bien heureux. Néanmoins, les réflexions peuvent parfois être très actuelles, comme celle sur la peine de mort qui a encore lieu dans nombreux pays de nos jours  : »[…] si la potence est moins cruelle, elle est aussi barbare ».

Au delà de ces quelques constats, l’aventure est bien menée, on se promène à bord de cet aérostat et on admire les paysages. Le livre se lit avec une grande facilité, la lecture est fort agréable. L’humour n’est pas en reste, certaines scènes nous font parfois sourire. L’aventure est très prenante à chaque page : mais vont-ils réussir ??

Un roman donc qui alterne les réflexions, les constats édifiants mais aussi les très bons moments pleins de fantaisie, faites-vous votre opinion, je serai ravie de vous lire !

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