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Il est des moments dans la vie d’un lecteur, où on ne parvient plus à ouvrir un livre.

Il est des moments où on passe de longues minutes devant sa bibliothèque à ne savoir qu’ouvrir.

On entame alors un ouvrage, un deuxième, quelques pages que l’on referme sans plus d’atermoiements.

Et puis on cède.

A l’occasion d’un arrêt devant une boite à livres des plus hétéroclites, on cède à l’appel du grand large, à la tentation du grand frisson, à la lecture candide et légère … qui nous tient alors en haleine.

Conquérant de l’impossible de Mike Horn est de ces livres là, qui offrent un rythme dense et soutenu, qui se lisent à une vitesse folle, qui proposent un style des plus efficaces.

J’ai cédé, j’ai lu Conquérant de l’impossible de Mike Horn et voici ce que j’en ai pensé.

 

Il s’agit d’un ouvrage que j’ai bien failli abandonner à plusieurs reprises (et finalement je l’ai fait).

Si j’ai poursuivi ma lecture c’est dans l’espoir de comprendre ce qui pousse un homme à traverser le grand nord en plein hiver par des températures qui frôlent les -60°C. Je dois bien reconnaitre que je n’ai pas obtenu de réponse claire à cette question.

Mike Horn souffre, tombe, se relève, plante sa tente sous le blizzard, côtoie des ours, des grizzlis, manque de perdre ses doigts, met le feu à sa tente, ne voit pas la lumière du jour pendant de longs mois et finalement survit.

Il nous raconte comment s’organise sa vie dans cette partie du globe des plus glaciales et hostiles. Malgré cet aspect de l’aventure des plus exaltants, j’ai eu tout au long de ce récit comme une impression de “regardez comme je suis fort” et ça m’a déplu.

Ce qui manque à Mike Horn, ce n’est pas le courage, ce n’est pas la force, ni la témérité ou même le mérite, ce qui lui manque – et ce n’est que mon impression – c’est de l’humilité. Pourtant, l’auteur-aventurier nous parle de ses galères à trouver le bon matériel au bon moment, de ses craintes de mourir, de ses colères “j’enrage” mais toujours avec cette intention de donner comme à voir ses réussites en sifflant presque … posey …

Et puis, le titre de l’ouvrage Conquérant de l’impossible confirme cette impression, le mot “conquérant” n’est pas complètement vide de sens … J’ai vraiment eu le sentiment d’avoir affaire à un aventurier qui manquait de sagesse, de pondération, d’un “regard en soi” et sur le monde à l’image d’un Robinson moderne plein de modestie et de prudence. En fait, c’est ça : j’ai eu la sensation que Mike Horn faisait du spectacle.

Peut-être n’ai-je pas lu cet ouvrage dans un bon état d’esprit mais je n’avais pourtant vraiment aucun a priori, je ne suis donc pas arrivée au terme de cette lecture qui m’a finalement mise mal à l’aise de part l’esprit qu’elle dégage. 

Je vais donc redéposer ce livre dans sa boite et le laisser à d’autres lecteurs … 

Au plaisir de partager vos impressions !