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Je suis un peu surprise de retrouver dans ce livre une histoire qui pourrait, en tous points ou presque, être racontée par Momo, le protagoniste de La vie devant soi. Gary propose la même prose parfois surprenante aux contre-sens nombreux, aux propos contradictoires et la syntaxe si particulière.

Si vous aimez les récits un peu perchés et absurdes, vous ne serez pas déçu. Le protagoniste raconte sa vie dans un monde qui ne lui semble pas adapté à moins que ça ne soit l’inverse. Il vit seul avec son python à qui il fait des câlins. C’est à la fois mignon, surprenant, complètement barré et franchement étrange.

“La tendresse a des secondes qui battent plus lentement que les autres.” Gros-Câlin est un roman sur la solitude, la solitude d’un original, d’un naïf parfois idiot. La solitude, celle qui fait tourner en rond, celle qui se fait poser des questions sur les petites choses, les buts et les objectifs de la vie … Gary nous propose, mine de rien, un écrit poétique.

On s’attache à ce personnage hors norme, à la fois mature et profondément puéril que l’on apprend à connaitre au fil des pages sans – ceci dit – jamais avoir réellement l’envie de s’en faire un ami. Attachant, touchant mais effrayant parfois.

 Si vous souhaitez découvrir Romain Gary, je vous propose de vous plonger dans La vie devant soi que j’ai trouvé tellement plus pertinent dans sa démarche, dans son engagement. Gary n’en reste pas moins un auteur singulier.

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